Économie, Concertation, Innovation

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Rédacteur initial: Gilbert Paquette

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Blocages canadiens

La récente crise économique, qui est aussi environnementale et sociale, a mis en évidence l’importance du rôle économique des États nationaux, de l’importance pour le Québec, d’être un État complet. Sans l’intervention des gouvernements américains et canadiens, on aurait assisté à l’effondrement de l’industrie automobile nord-américaine, mais pendant ce temps, des industries importantes pour le Québec, souffrant de la crise comme l’industrie forestière, ont été délaissée par le gouvernement canadien dont ce n’était pas la priorité.

Actuellement le Québec est handicappé par son statut de province canadienne car la structure industrielle et les intérêts économiques du Canada vont à l’encontre de ceux du Québec en matière de développement économique et d’environnement. Le gouvernement canadien oriente ses investissements vers l’industrie automobile ontarienne et le développement pétrolier de l’Ouest. Avec ses projets de pipeline vers l’Est ou par train ou bateau, Ottawa veut assurer l’exportation des énergies fossiles, avec ses retombées dans l’Ouest et ses risques principalement au Québec. Dans les faits, Ottawa n’a aucun intérêt à collaborer à une politique québécoise qui serait résolument axée notamment sur les énergies renouvelables, préférant utiliser, au profit de l’industrie pétrolière canadienne, une partie des 50 milliards de taxes que le Québec lui envoie chaque année.

Rapatriement de nos compétences

L’indépendance permettra au Québec de récupérer l’ensemble des pouvoirs économiques actuellement contrôlés par le gouvernement fédéral : fiscalité, dépenses budgétaires, assurance-emploi, politique commerciale, politique de développement sectoriel et régional, politique environnementale, pour établir des politiques cohérentes là où, actuellement, les initiatives québécoises sont contrecarrées par une myriade de programmes et de mesures en provenance du fédéral qui poursuivent des fins contradictoires aux nôtres.

Mais au delà de son rôle régulateur, un État indépendant regroupant l’ensemble de nos moyens collectifs sera capable de concerter les intiatives des secteurs publics, privés, coopératifs et de l’économie sociale. Un développement économique intelligent doit intégrer un développement durable qui tient compte de l’environnement, pour profiter à l’ensemble de la collectivité. Pour ce faire, l’intelligence collective des citoyennes et des citoyens doit être sollicitée dans tous les secteurs dès le début de la conception des politiques et des projets de développement économique. Il faut se donner les moyens de relancer une véritable concertation socioéconomique des forces vives du Québec pour orienter résolument le développement vers le bien commun et la création d’emplois de qualité.

Développement économique du Québec pays

Combiné à des politiques d’aménagement du territoire et des des transports, de développement régional et de protection du climat et de l’environnement, un ambitieux projet de développement économique intelligent comportera notamment les orientations suivantes:

Concertation socioéconomique.

1. Organiser régulièrement entre l’État québécois et les principaux acteurs socioéconomiques (entreprises, syndicat, universités et Cegep, associations communautaires, etc.), des conférences de concertation pour établir les bases d’un développement économique intelligent axé sur le bien commun, la création d’emploi et la solidarité sociale.

2. Mettre sur pied un secrétariat de la concertation socio-économique chargé à la fois d’organiser les conférences socioéconomiques, d’en assurer le suivi et de diffuser les informations et les connaissances pertinentes en cours de préparation et de réalisation des projets de développement socioéconomique.

3. Faire en sorte que l’État québécois soumette ses projets d’envergure à ces conférences et oriente les moyens d’action rapatriés d’Ottawa à l’appui des différents consensus émergeant de la concertation socio-économique

Pour une société et une économie du savoir

4. Intensifier les investissements dans la recherche-développement pour en reprendre la croissance par rapport au PIB jusqu’à atteindre un niveau global supérieur à 3 % du PIB.

5. Mettre en œuvre, avec les acteurs socioéconomiques impliqués, une politique nationale de la recherche et de l’innovation en accroissant la recherche dans les ministères et des sociétés d’état, en augmentant le soutient à la recherche dans les universités et les collèges, et en stimulant l’innovation dans les entreprises privées, coopératives et d’économie sociale.

6. Soutenir l’enseignement supérieur en intégrant et en augmentant les fonds actuellement consacrés à la recherche universitaire par les deux paliers de gouvernement, tout en effectuant les rattrapages requis dans les subventations de base des universités et des collèges suite aux coupures d’Ottawa dans les transferts aux provinces.

7. Mettre en œuvre une approche globale favorisant les partenariats (entreprises - enseignement supérieur - sociétés d’État) et tenant compte de toutes les formes d’innovations (sociales - organisationnelles – technologiques).

8. Souternir les plateformes sectorielles de recherche et d’innovation existantes, telles que Génome Québec ou le Centre de recherche industrielle du Québec) et favoriser d’autres réseaux sectoriels d’innovation dans les domaines de l’aérospatiale, des biotechnologies, des technologies de l’information, des industries culturelles et des énergies renouvelables.

Renforcer l’expertise de l’État québécois

9. Renforcer l’expertise des Ministères de l’État québécois par l’apport des employés du gouvernement canadien qui y seront rapatriés, particulièrement dans les domaines où l’État québécois est en interaction avec l’entreprise privée pour le développement de l’économie et de l’emploi.

10. Redonner un rôle moteur à la Caisse de dépôts et de placement à l’égard des projets de développement et d’innovation au Québec, notamment en regard de l’appui à l’innovation et à l’exportation des entreprises québécoises.

11. Rapatrier le développement de l’industrie éolienne en créant la division Hydro-Québec Éolien (HQÉ) et établir son bureau-chef dans l’Est du Québec, lieu principal des implantations éoliennes.

12. Remettre sur pied Hydro-Québec International (HQI) afin d’exporter notre expertise en réseaux électriques et en production d’énergie renouvelable hydraulique et éolienne.

13. Redonner aux sociétés d’État le mandat de travailler avec les régions et de maximiser les retombées locales et régionales de leurs activités.

Soutenir la performance des entreprises.

14. Devenir un leader mondial dans les énergies renouvelables et l’électrification des transports par la mobilisation du pouvoir d’achat accru d’un Québec indépendant et la réglementation en matière de transport, pour assurer la création d’une grappe industrielle forte et performante dans l’économie verte du 21éme siècle.

15. Développer les entreprises en région en mettant sur pied un Fonds de diversification économique régional de plusieurs milliards $ dans le but d’augmenter significativement la transformation de nos ressources naturelles au Québec et le développement des nouvelles activités économiques.

16. Soutenir les entreprises innovantes en leur assurant un appui financier accru pour le développement, la commercialisation et l’augmentation de leurs ressources en personnel scientifique et technique, particulièrement dans les PME.

17. Soutenir les entreprises du secteur manufacturier québécois pour augmenter leur productivité, leur utilisation des technologies, leur informatisation, ainsi que leur éco performance dans une perspective de développement durable.

18. Développer l’économie sociale au Québec et la formule coopérative pour la satisfaction des nouveaux besoins éducatifs et sociaux, dans des sphères d’activité essentielles pour la création d’emplois.

19. Assurer un accroissement et une diversification des marchés d’exportation du Québec en défendant directement nos intérêts dans la négociation des accords commerciaux internationaux et en soutenant les entreprises québécoises dans le développement de leurs marchés.