Le Livre qui fait dire oui/La monnaie et l’indépendance

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Dans un Québec indépendant, différentes possibilités s’offriront à nous quant au choix de notre monnaie: conserver le dollar canadien, adopter le dollar américain ou créer une monnaie québécoise.

Tout d’abord, il n’y a aucun obstacle technique pour nous à conserver le dollar canadien. En effet, le Canada n’a aucun moyen praticable d’empêcher un Québec indépendant d’utiliser sa monnaie. Cela s’explique par le fait que les monnaies sont des biens comme les autres qui s’achètent et se vendent librement sur les marchés internationaux ; si un pays veut continuer à exporter et à importer des biens ici et ailleurs dans le monde, il devra continuer à échanger sa monnaie avec le reste du monde. L’Équateur et le Zimbabwe, par exemple, utilisent le dollar américain, alors que le Kosovo et le Monténégro utilisent l’euro sans que cela ne cause de problème et sans que cela n’ait été explicitement autorisé par les États-Unis ou l’Union européenne. Cette première avenue aurait pour avantage de favoriser une plus grande stabilité à court terme pour le Québec. Il serait aussi envisageable de nous entendre avec le Canada pour gérer la monnaie en commun. Si aucune entente n’est possible, la monnaie canadienne continuera toutefois d’être gérée uniquement en fonction des intérêts canadiens.

Il serait également possible d’utiliser le dollar américain pour les mêmes raisons. Cette deuxième avenue nous donnerait l’avantage d’avoir la même monnaie que notre principal partenaire commercial et nous permettrait d’éviter les chocs monétaires causés par un changement brusque dans la valeur des monnaies. La monnaie américaine, toutefois, serait assurément gérée sans que soient tenus en compte nos intérêts.

Finalement, il serait possible de créer notre propre monnaie. À moyen terme, cette troisième avenue pourrait représenter la meilleure solution. Nous posséderions ainsi une monnaie gérée en fonction de nos intérêts. Sa valeur refléterait l’état de notre économie et ne serait pas soumise aux chocs économiques qui nuisent à un autre État, comme les changements dans le prix du pétrole. Cette option aurait également pour avantage de régler le problème lié au fait d’avoir une monnaie possédant une valeur trop élevée, problème qui nuit aux exportations. C’est ce qui s’est passé récemment, lorsque la monnaie canadienne s’est trouvée dopée par le pétrole, ce qui a eu pour conséquence de mettre en graves difficultés nos entreprises exportatrices, sans que nous puissions profiter en contrepartie des revenus pétroliers, qui vont en grande majorité à l’Alberta.